{"id":81,"date":"2026-04-22T12:12:11","date_gmt":"2026-04-22T10:12:11","guid":{"rendered":"https:\/\/lipstickandburrata.com\/?p=81"},"modified":"2026-04-22T12:12:11","modified_gmt":"2026-04-22T10:12:11","slug":"lalimentation-a-t-elle-un-genre-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lipstickandburrata.com\/index.php\/2026\/04\/22\/lalimentation-a-t-elle-un-genre-2\/","title":{"rendered":"L&rsquo;alimentation a-t-elle un genre ?"},"content":{"rendered":"\n<p>La question m&rsquo;a saut\u00e9 aux yeux lors d&rsquo;un d\u00e9jeuner en t\u00eate-\u00e0-t\u00eate avec mon bouquin du moment, \u201cJe r\u00e9ussis ma d\u00e9tox sucre\u201d de l&rsquo;instagrameuse @0sucre_et_igbas, B\u00e9reng\u00e8re Philippon de son vrai nom.<br>Une vraie p\u00e9pite, au passage, cet ouvrage !<\/p>\n\n\n\n<p>Je d\u00e9jeunais alors d&rsquo;une assiette compos\u00e9e d&rsquo;aliments <em>healthy<\/em>, majoritairement des <strong>crudit\u00e9s <\/strong>et des l\u00e9gumineuses compl\u00e8tes et bio, quand la r\u00e9v\u00e9lation s&rsquo;est faite : qui s&rsquo;int\u00e9resse \u00e0 l&rsquo;alimentation sant\u00e9 ? Est-ce-que les hommes ach\u00e8tent aussi ce genre d&rsquo;ouvrage ? Le potassent-ils en d\u00e9jeunant ? L&rsquo;assiette aurait-elle un genre ?<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La femme au foyer vs la cheffe \u00e9toil\u00e9e<\/h2>\n\n\n\n<p>Quand on parle de <strong>f\u00e9minisme<\/strong> et d&rsquo;<strong>alimentation<\/strong>, on pense forc\u00e9ment aux cheffes qui trustent le podium de la haute gastronomie : Anne-Sophie Pic, H\u00e9l\u00e8ne Darroze, St\u00e9phanie LeQuellec, la liste des femmes qui ont su s&rsquo;imposer dans ce milieu ferm\u00e9 continue \u00e0 s&rsquo;agrandir, et on ne peut que s&rsquo;en f\u00e9liciter.<\/p>\n\n\n\n<p>Exception faite de ces cheffes de talent, notons toutefois la subtile distinction dans l&rsquo;imaginaire collectif : quand les femmes cuisinent pour leurs foyers, la haute gastronomie reste l&rsquo;apanage des hommes.<\/p>\n\n\n\n<p>En outre, certains sujets autour de l&rsquo;alimentation semblent d\u00e9finitivement genr\u00e9s : la <strong>raw food<\/strong>, la <strong>tendance healthy<\/strong>, les <strong>alternatives v\u00e9g\u00e9tales<\/strong>, les prises de conscience sur l&rsquo;\u00e9levage industriel&#8230;<br>Autant de tendances qui semblent trouver un \u00e9cho particulier chez une population majoritairement f\u00e9minine.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>A l&rsquo;instar de la transition \u00e9cologique<\/strong> qui semble s&rsquo;amorcer dans les foyers sous l&rsquo;impulsion f\u00e9minine, <strong>l&rsquo;alimentation a-t-elle un genre ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ce sujet s&rsquo;inscrit dans un questionnement global sur l&rsquo;<strong>\u00e9galit\u00e9 des sexes<\/strong> au sein de notre soci\u00e9t\u00e9 et son lot de clich\u00e9s : les femmes mangeraient l\u00e9ger, plut\u00f4t des l\u00e9gumes et viandes maigres, alors que les hommes seraient des viandards inv\u00e9t\u00e9r\u00e9s depuis la nuit des temps.<\/p>\n\n\n\n<p>Nos codes alimentaires sont-ils vraiment diff\u00e9rents ? Et si oui, pourquoi ?<\/p>\n\n\n\n<p>\/<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les hommes viennent de Mars, les femmes de V\u00e9nus&#8230; Vraiment ?<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est ind\u00e9niable, nous sommes physiologiquement diff\u00e9rents.<\/p>\n\n\n\n<p>Taille moyenne, stature, force physique, hormones, g\u00e9nome, les diff\u00e9rences biologiques entre les deux sexes sont nombreuses.<\/p>\n\n\n\n<p>La l\u00e9gende urbaine pr\u00eate volontiers \u00e0 l&rsquo;homme de Cro-Magnon l&rsquo;exclusivit\u00e9 de la chasse au mammouth, pendant que la femme balayait tranquillement la caverne.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais contrairement aux id\u00e9es re\u00e7ues qui font remonter aux origines pr\u00e9historiques le clivage du genre et de l&rsquo;assiette, des recherches anthropologiques ont mis en lumi\u00e8re les v\u00e9ritables r\u00f4les de chacun dans ces anciennes soci\u00e9t\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>La pr\u00e9historienne au CNRS Maryl\u00e8ne Patou-Mathis l&rsquo;\u00e9voque dans son interview sur France Culture et dans son ouvrage <em>L&rsquo;homme pr\u00e9historique est aussi une femme <\/em>: la femme avait un r\u00f4le v\u00e9ritable \u00e0 jouer, chassant, taillant les outils, peignant&#8230; <\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s lors, on peut imaginer que la femme serait aussi branch\u00e9e viande que l&rsquo;homme, et celui-ci aussi adepte de l\u00e9gumes.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Mais alors, qu&rsquo;y a-t-il dans l&rsquo;assiette d&rsquo;un homme ? Et dans celle d&rsquo;une femme ?<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Les diff\u00e9rences alimentaires sont-elles fix\u00e9es dans le g\u00e9nome d\u00e8s la naissance, ou sont-elles le fruit du contexte socio-culturel et \u00e9ducationnel dans lequel grandissent filles et gar\u00e7ons ?<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab A travers le choix de ses aliments, l\u2019homme choisit le type d\u2019homme qu\u2019il d\u00e9sire \u00eatre \u00bb.<\/p>\n<cite>Jean Tr\u00e9moli\u00e8res<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Les normes de beaut\u00e9 et de s\u00e9duction semblent donner le \u00ab la \u00bb en mati\u00e8re d&rsquo;assiette : la soci\u00e9t\u00e9 occidentale aime les <strong>femmes minces et toniques<\/strong>, un peu <strong>fragiles<\/strong> mais pas trop, et les <strong>hommes muscl\u00e9s, virils<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s lors, le contenu de l&rsquo;alimentation varie.<\/p>\n\n\n\n<p>La <strong>gent f\u00e9minine<\/strong> privil\u00e9giera des <strong>aliments l\u00e9gers<\/strong>, digestes (manquerait plus que la femme p\u00e8te !), citons p\u00e8le-m\u00eale les l\u00e9gumes, salades et viandes maigres, les graines&#8230; tandis que la <strong>gent masculine<\/strong> s&rsquo;orientera vers de la <strong>nourriture prot\u00e9in\u00e9e<\/strong> pour d\u00e9velopper et <strong>entretenir sa force physique <\/strong>et sa musculature : viande rouge et pi\u00e8ces plus \u00ab animales \u00bb, gras, frites, plats en sauce, vin rouge, bi\u00e8re&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Les femmes optent plus souvent pour des choix moins \u00ab\u00a0animaux\u00a0\u00bb et bestiaux, ce qui nous am\u00e8ne \u00e0 l&rsquo;interrogation suivante : est-il possible que le cerveau \u00e9motionnel soit plus d\u00e9velopp\u00e9 chez la femme alors que le cerveau reptilien primerait chez l&rsquo;homme ?<\/p>\n\n\n\n<p>En bref, mange-t-on (ou non) ses \u00e9motions ?<\/p>\n\n\n\n<p>Et lorsque l&rsquo;on sort de ce clivage alimentaire, les remarques se font l\u00e9gion :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Tu manges beaucoup pour une fille, tu bois beaucoup pour une fille\u00a0\u00bb, sans oublier les r\u00e9flexions et autres injonctions \u00e0 la minceur.<\/p>\n\n\n\n<p>Nora Bouazzouni \u00e9voque notamment une remarque bien connue, souvent lanc\u00e9e aux filles\/femmes : \u201cDeux minutes dans la bouche, deux ans sur les hanches !\u201d<\/p>\n\n\n\n<p>Mais dit-on seulement ce genre de choses aux gar\u00e7ons\/aux hommes ?<\/p>\n\n\n\n<p>A l&rsquo;instar de l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 soci\u00e9tale qui oppose hommes et femmes, la diff\u00e9rence de traitement entre les deux sexes se poursuit donc jusque dans l&rsquo;assiette.<br>Charge \u00e0 tout un chacun de garder l&rsquo;esprit ouvert et de se d\u00e9faire de ces id\u00e9es re\u00e7ues ancestrales et compl\u00e8tement d\u00e9pass\u00e9es : hommes, mangez des <em>a\u00e7ai bowls <\/em>et femmes, sus aux frites ! \ud83d\ude09<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La question m&rsquo;a saut\u00e9 aux yeux lors d&rsquo;un d\u00e9jeuner en t\u00eate-\u00e0-t\u00eate avec mon bouquin du moment, \u201cJe r\u00e9ussis ma d\u00e9tox sucre\u201d de l&rsquo;instagrameuse @0sucre_et_igbas, B\u00e9reng\u00e8re Philippon de son vrai nom.Une vraie p\u00e9pite, au passage, cet ouvrage ! Je d\u00e9jeunais alors d&rsquo;une assiette compos\u00e9e d&rsquo;aliments healthy,&nbsp;<a class=\"read-more\" href=\"https:\/\/lipstickandburrata.com\/index.php\/2026\/04\/22\/lalimentation-a-t-elle-un-genre-2\/\">&hellip;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":23,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[15,18,16],"tags":[],"class_list":["post-81","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-alimentation","category-deconstruction","category-societe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lipstickandburrata.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/81","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lipstickandburrata.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lipstickandburrata.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lipstickandburrata.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lipstickandburrata.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=81"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/lipstickandburrata.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/81\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":83,"href":"https:\/\/lipstickandburrata.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/81\/revisions\/83"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lipstickandburrata.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/23"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lipstickandburrata.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=81"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lipstickandburrata.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=81"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lipstickandburrata.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=81"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}